Avec le mois de mars vient le retour de la douceur du printemps et ses parfums fleuris, et le 8 mars sera “la Journée de la femme”.
En cette occasion, HandiMarseille se devait d’aller cueillir les paroles et les pensées de ces fleurs délicates de la féminité que sont les femmes en situation de handicap.
Comment s’épanouissent-elles dans un champ, une culture masculine, où l’image de la femme est encore trop souvent dégradée et utilisée comme objet sexuel et mercantile, ou comme cliché de la mère parfaite et sacralisée ?
Depuis leur long combat d’émancipation et leur refus du rôle caricatural et restreint que la tradition machiste tentait de leur attribuer, les femmes continuent, malgré de sensibles évolutions vers la parité, de se confronter aux préjugés et aux discriminations à l’encontre de leur genre, appelé vulgairement par les machos “le sexe faible”. Alors, avec leur handicap, leur singularité, perçus différemment selon que ce soit visible ou non au regard des autres et des garçons en particulier, qui a priori recherchent la femme idéalisée, celle qui sera la future maman de leur progéniture, pour ces femmes blessées à la naissance ou flétries par la vie, « c’est doublement difficile, c’est exponentiel d’avoir ces deux caractéristiques : être femme et être handicapée », comme le témoigne en connaissance de cause, Mme Isabelle Burot-Besson, élue au Conseil départemental de l’APF, dans l’entretien qu’elle nous a accordé.
D’un autre côté, on ne peut pas non plus réduire la complexité de quelqu’un à son sexe et à son invalidité, car, comme on le constate à HandiMarseille, selon les cas, « le terme handicap recouvre une diversité de situations, de vies tellement différentes les unes des autres... »
Aujourd’hui, dans une société d’images et d’apparences, il n’est pas aisé, voire paradoxal pour l’individu, et a fortiori pour les minorités dites visibles, de se sentir accepté, respecté, tout en voulant affirmer sa différence, sa spécificité quand l’aspect, la forme externe deviennent si prégnants et prétendent rendre compte de la personnalité et du caractère individuel des personnes... Alors ces femmes fragiles et fortes à la fois, plus encore que celles dites valides, comment peuvent-elles s’affirmer indépendantes et séduisantes, respectées et désirées ?
Un dossier préparé par :
Natacha Boutry
Christian Gallerini
Kateryna Garkun
Lynda Ledolley
Dagmara Marciano
Sébastien Martin
Karine Miceli
Mario Moreira
Jaime Rojas
Claire Schaufelberger
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En parler. C’est la consigne qui est répétée par tous : ne pas taire la souffrance... Oui, mais comment l’évoquer ? Comment concilier pudeur et besoin de s’exprimer, honte parfois et appel au secours ? Comment, aussi, savoir entendre celui qui se décide à parler, et prendre la mesure d’une situation ? En ce début d’année, il nous semblait important d’énoncer les questions que l’on se pose sans trop oser y répondre. Qu’est-ce que la maltraitance ? Où commence t-elle, est-elle seulement « quantifiable » ? La négligence est-elle moins grave, ou n’est-ce qu’un moindre mot pour un acte tout aussi conséquent ? (...)
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