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Un logement adapté au handicap, une mission impossible en France ?

Sans aller jusqu’à dire que se loger pour un handicapé est une mission impossible, il s’avère néanmoins qu’il existe une forte ressemblance avec le parcours du combattant...

Dans la situation actuelle, il n’est pas facile pour tout un chacun d’obtenir un logement à caractère social ou privé. A fortiori, c’est encore plus difficile pour un handicapé qui, le plus souvent, a peu de revenus. Dans le parc de logements privés, il n’y a pas de liste d’attente mais les loyers sont élevés. Dans le parc social, on peut attendre le logement rêvé pendant près de 10 ans.

Dans la région PACA, le journal Nice-Matin du 03/02/2009 publie un article sur le logement adapté au handicap qui relève que dans la ville de Grasse : "il y a encore trop peu d’appartements aménagés pour les personnes handicapées, qu’il s’agisse de logements sociaux ou dans le privé même si depuis quelques années, la ville impose aux promoteurs de prévoir au moins un logement adaptable par programme immobilier". L’Association des Paralysés de France (APF) précise toutefois que cette pénurie n’est pas une spécificité grassoise. Pas plus qu’elle n’est une particularité de la communauté d’agglomérations du Pôle d’Azur Provence, compétente en matière de logements.

Ce qui se confirme d’ailleurs avec le témoignage d’une internaute qui réside dans le département du Nord et paru le 11/08/2007 sur le Forum du site Doctissimo : "Depuis bientôt 2 ans, je suis désespérément à la recherche d’un logement. J’ai déposé plusieurs dossiers chez les organismes HLM du 59, en précisant que je voulais un logement se situant au rez-de-chaussée, pour raison médicale. Et cela fait 2 ans que j’attends, en vain. Ils ne me proposent que des appartements au sixième étage, certes avec ascenseur, mais avec des marches pour y accéder, et puis si l’ascenseur tombe en panne, je suis mal barrée ...".

Selon le site internet "l’Observatoire des Inégalités" (27/03/2007) : "Accéder à son habitation, se déplacer dans sa maison sont des actes de la vie courante qui ne posent pas de problèmes à la majorité des personnes, mais cela peut devenir particulièrement difficile pour les 22,5 millions de personnes déclarant au moins une déficience(1). 1,2 million d"™entre elles rencontrent d"™importants problèmes d"™accessibilité à leur logement, parmi elles, une majorité de personnes de plus de 60 ans."

Pourtant, la loi du 11 février 2005 impose aux bailleurs de mettre en place une commission sur le logement accessible ainsi qu’un listing de l’existant. Mais il semble bien que cette loi, pour l’heure, soit restée lettre morte. Cela est surtout dà » au surcoà »t de l’aménagement du bâti pour les personnes handicapées et aussi au fait que les handicapés qui sont dans l’impossibilité de travailler ne peuvent prétendre qu’à des logements sociaux en raison de la faiblesse de leurs revenus.

En ce qui concerne le parc existant, la situation de l’adaptation des logements aux handicapés ne serait pas trop catastrophique car selon un sondage de l’institut IPSOS réalisé en septembre 2004, 36 % des lieux d’habitations sont tout à fait adaptés au quotidien d’un handicapé, 40 % plutôt adaptés et, malheureusement, 24 % restent inadaptés. Toujours d’après le même sondage, 78 % des personnes interrogées vivent dans une maison contre 22 % en appartement. Le pourcentage nettement supérieur des maisons s’expliquerait par la difficulté de tenir compte des normes techniques d’accessibilité (accès au bâtiment, circulation à l’intérieur du bâtiment et de l’habitat, usage de tous les équipements) dans les appartements.

Cependant on peut s’interroger sur l’échantillon qui a servi de base à ce sondage car, par exemple, une enquête de l’INSEE, réalisée en 1999, nous apprend que 17 % des personnes de 0 à 19 ans déclarant au moins une déficience ont des difficultés d’accès à l’immeuble, au logement, et aux différentes pièces. Il en est de même pour 45 % des 20 - 59 ans et 38 % des 60 ans et plus. Par ailleurs, on peut aussi se demander comment se définit l’item "plutôt adapté" .

Ceci nous renvoie aux difficultés rencontrées par les personnes handicapées qui ont peu de revenus : comment peuvent-elles faire pour obtenir un logement adapté, sachant que très peu sont construits ? Pourtant, en juillet 2003, le président de l’époque, Jacques Chirac présentait l’insertion des personnes handicapées comme l’un des "trois grands chantiers" de son quinquennat. Cette insertion devait se réaliser via la recherche des moyens d’une plus grande autonomie par le maintien à domicile, l’adaptation du logement, l’accessibilité et les transports. Quant aux aides financières accordées à la personne handicapée, elles abondent : aide de l’ANAH (Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat), aides personnalisées au logement, primes à l’amélioration des logements à usage locatif et à occupation sociale, aides fiscales aux propriétaires bailleurs, prêts à taux zéro...

Toutes ces aides sont, sans conteste, de bonnes initiatives mais il n’en reste pas moins qu’en ce qui concerne la loi du 11/02/2005 et selon l’APF : "Aucun bailleur, et Pôle Azur parmi eux, ne l’a pour l’instant appliquée dans les Alpes-Maritimes. Autrement dit, les services logement qui traitent des milliers de demandes sont aujourd’hui dans l’incapacité d’identifier les logements qui pourraient être aménagés et les personnes qui en auraient besoin".

Bref, il y encore loin de la coupe aux lèvres...

 

Jacques Becker

 

* Déficience : Manque, perte ou altération d"™une fonction psychologique, physiologique ou anatomique, entraînant certaines incapacités, sans pour autant atteindre forcément l"™ensemble de la personnalité. La déficience correspond à l"™aspect lésionnel du handicap. Elle peut être sensorielle, motrice, intellectuelle, mentale ou englober plusieurs déficits.


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