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Faciliter aux entreprises l’embauche des travaileurs handicapés

Id’ées Interim, entreprise de travail temporaire d’insertion

Depuis quelques années, l’insertion professionnelle des personnes handicapées est un sujet d’actualité pour nombre d’entreprises. Certaines d’entre elles font appel à des entreprises de travail temporaire d’insertion qui prennent en charge les modalités d’intégration et d’adaptation au poste. Une solution avantageuse pour l’employé et l’employeur que cet accompagnement par ces experts de l’insertion professionnelle.

2. Faciliter aux entreprises l'embauche des travaileurs handicapés

Handimarseille : Voulez-vous vous présenter, présenter votre entreprise et son activité ?

Catherine Leclair : Je suis responsable de l’agence Id’ées-intérim de Manosque. Id’ées-Intérim est un réseau national qui regroupe 31 agences. Ce réseau est le fruit de notre engagement de plus de 20 ans contre les exclusions. Nous sommes un acteur majeur de l’insertion professionnelle par l’activité économique et nous utilisons le travail temporaire pour faire de l’insertion et notre but est de pérenniser l’emploi de salariés intérimaires.

H : Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence entre une entreprise de travail temporaire (ETT) classique et une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) ?

C.L : Notre activité est uniquement concentrée sur un public éligible à l’insertion professionnelle. Ça veut dire que les personnes nous sont envoyées par des prescripteurs tels que Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi de longue durée, la Mission locale pour les jeunes de moins de 26 ans sans qualification ou sans expérience professionnelle, les conseillers en insertion du Conseil Général pour les bénéficiaires de minima sociaux et CAP emploi pour les travailleurs handicapés.

Les gens qui nous sont prescrits, on les inscrit en agence et en rejoignant l’agence, ils s’engagent dans un parcours pour une durée maximale de 24 mois. Cette durée est fixée par convention avec Pôle emploi sous forme d’un agrément. Pendant cette période d’agrément, nous réalisons un accompagnement socio-professionnel individualisé et sur-mesure de l’intérimaire pendant et entre les missions.
Donc, la différence avec le travail temporaire classique c’est que la durée est limitée à 24 mois et que l’on tend vers l’emploi pérenne et non pas vers la précarité de l’emploi, notre objectif c’est la pérennisation des postes intérimaires.

Il y a vraiment un accompagnement de notre part sur le projet professionnel de la personne. Qu’est-ce que cet accompagnement individualisé ? C’est qu’on a une connaissance approfondie de l’insertion, des publics et leurs problématiques. Cela nous permet d’identifier les freins à l’emploi qu’ils soient sociaux ou professionnels puis de mettre en place un plan d’action afin de lever ces freins. On va aussi définir un projet professionnel en rapport avec leur savoir-faire et leurs compétences ce qui va nous permettre de les orienter vers un secteur d’activité, un métier. Cela peut être aussi, entre deux missions, trouver une formation afin que le salarié réponde aux besoins et aux attentes de nouvelles entreprises.

H : Vous mettez en lien ces salariés en insertion avec des entreprises classiques, ordinaires ?

C.L : Bien-sûr, notre agence de Manosque a été ouverte en juillet 2010. On permet aux entreprises qui nous ont fait confiance depuis cette date de répondre à leurs besoins en compétences comme tous les professionnels du travail temporaire, en apportant une solution efficace, en contribuant à améliorer la performance de leurs équipes et en favorisant l’accès à l’emploi au plus grand nombre.
On leur permet aussi de mettre en œuvre une politique en faveur de l’insertion, de prendre leur responsabilité sociétale et environnementale. Il y a quand même une approche de l’entreprise qui devient non plus un client ordinaire mais un partenaire. Il y a une volonté de l’entreprise de donner sa chance au plus grand nombre. C’est la lutte contre l’exclusion et on trouve quand même beaucoup de partenaires.
L’insertion est portée non pas par l’entreprise mais par Id’ées-Interim via l’accompagnement que l’on réalise.

H : Est-ce que vous informez l’entreprise de la problématique d’insertion de la personne et, notamment si c’est un travailleur handicapé, du handicap de la personne ?

C.L : Si l’entreprise demande à connaître la situation de la personne, oui, on la décrit dans la mesure de la confidentialité, en étant bien entendu extrêmement attentif à la protection de la personne et de sa vie privée. Je prends un exemple concret, l’année dernière, à l’Occitane, j’ai fait travailler 58 salariés dont 7 travailleurs handicapés, ça fait 12% quand même, j’avais 2 personnes malentendantes. Il est évident que lorsque je propose les CV de ces personnes je dois expliquer à l’entreprise quel est leur handicap et voir les modalités d’intégration de ces personnes. On ne peut pas se permettre l’échec. Il faut que j’aie toutes les données qui me permettent une intégration complète, durable.
Le recrutement du personnel handicapé n’est pas toujours vécu comme une priorité par les entreprises, il faut du temps, une analyse pointue des postes et une parfaite connaissance des restrictions liées au handicap du salarié accompagné.

La solution pour l’entreprise, c’est effectivement Id’ées-Intérim parce que grâce à notre accompagnement, lorsque la personne handicapée arrive à l’emploi, tout a été mis en œuvre pour que l’intégration se passe bien.

H : Vous dites qu’il y a de nombreuses entreprises pour qui l’embauche des travailleurs handicapés, même s’ils s’engagent dans une démarche d’embauche, n’est pas une priorité. Est-ce que vous avez justement un rôle éducateur ou formateur ?

C.L : Oui, tout à fait. Ça fait partie effectivement de notre engagement de lutte contre l’exclusion sous n’importe quelle forme qu’elle soit. C’est vrai que quelquefois ça peut faire peur aux entreprises ou ça peut paraître compliqué ou chronophage et grâce à notre intervention du coup, on ne peut être que des facilitateurs. Leur dire : « le compliqué c’est nous qui le prenons en charge et pour vous ça sera simple ». D’autant plus que depuis 2009, en ce qui concerne le travail temporaire du travailleur handicapé, dès la première heure travaillée, les entreprises peuvent déduire de leurs obligations ces contrats de travail temporaires. Alors que pour un travailleur handicapé permanent, il y a une durée minimum de contrat, sinon ce n’est pas déductible.
Pour le travail temporaire, ça c’est un atout aussi, c’est aussi un argument qui fait que les entreprises s’engagent.
Ça peut effrayer aussi, une PME ou une PMI, se dire comment je vais faire pour pouvoir recruter un personnel handicapé. L’avantage du travail temporaire permet aussi de voir si c’est envisageable.
Nous sommes vraiment un facilitateur, nous sommes des experts de l’insertion. Une personne qui vient sans notre accompagnement, sans visite médicale préalable à l’embauche, sans une bonne connaissance de sa situation peut se mettre en difficulté et mettre en difficulté l’entreprise. Nous facilitons l’échange, la communication. Le travailleur handicapé peut parler plus naturellement de ses difficultés et peut-être que l’entreprise qui se serait dit attendez, je ne vais pas lui signer un CDD d’un mois et puis au bout de trois jours si ça ne va pas, comment je fais ? là elle est en quelque sorte dégagée de cette difficulté. C’est un avantage du travail temporaire d’insertion, il y a de notre part un double accompagnement, à la fois pour le salarié, et pour l’entreprise à qui on facilite les démarches.

H : Quel est le pourcentage de contrats que vous signez avec des travailleurs handicapés ?

C.L : Sur l’année 2011, c’était 9%. On a ouvert en août 2010, donc d’ici 2011, il y a encore du travail. On travaille avec nos prescripteurs pour se faire connaître, voir la qualité de notre accompagnement. Tout ça c’est fait, là je ne pourrais qu’augmenter le chiffre.

H : Et au niveau de la pérennisation des postes ?

C.L : C’est plus difficile. Globalement, l’année dernière, j’ai eu 78 personnes qui ont travaillé en 2011 quand on ouvre, donc, le bilan est plus que positif, car j’ai 70% des personnes qui ont travaillé pour l’agence qui sont sorties vers un emploi dynamique, c’est-à-dire soit vers une formation qualifiante, soit qui se sont installés à leurs comptes, des CDD de moins de 6 mois et j’ai quand même 50% d’entre eux qui sont vers un emploi durable, c’est-à-dire un CDI ou un CDD de plus de 6 mois. C’est un bilan très positif. Ça c’est au niveau de l’insertion, en règle générale, et les 9% de travailleurs handicapés sont inclus dans ces chiffres.

H : Vous parlez de formation, le bas niveau de qualification des travailleurs handicapés c’est quand même un des freins ?

C.L : J’ai assisté dernièrement lors de la semaine du handicap à une présentation de la AGEPHIP, de CAP Emploi, la SAMETH, la DIRECCTE, et tous les organismes officiels du suivi des travailleurs handicapés sur le 04. Ils nous disaient que sur le 04 il y avait 1154 personnes handicapées avec 25% de 25 à 49 ans et 45% de plus de 50 ans et que 90% de cette population avaient un niveau de qualification uniquement de 4 et 5, c’est-à-dire 5 niveau CAP et 4 niveau Bac. Et de nombreuses entreprises qui étaient là et qui témoignaient et qui disaient que dans leurs industries, ils avaient de haut niveau de compétences et qu’il était difficile de trouver des travailleurs handicapés avec un niveau de qualification aussi important. Donc, ces entreprises, elles tentent de mettre en place effectivement des contrats de professionnalisation pour pouvoir former ces travailleurs.

H : Est-ce qu’il y a une réflexion ou des actions que dans l’avenir ID-Intérim souhaiterait mener avec ces entreprises pour vraiment réfléchir en terme de formation et de qualification de travailleurs handicapés ?

C.L : C’est un travail qu’on fait systématiquement. Que ce soit au niveau du travailleur handicapé ou non. Ça fait partie de notre accompagnement dans l’insertion. La montée des compétences, la montée en qualification, c’est quelque chose qui fait partie de notre expertise et de notre engagement pour aller vers le but de pérenniser l’emploi du travailleur intérimaire. Voilà, l’emploi du travailleur handicapé et la qualification restent effectivement l’une de nos préoccupations au quotidien et je pense qu’on est effectivement la solution la plus simple et la mieux adaptée pour accompagner les entreprises sur ce chemin.

H : Est-ce que selon vous justement une entreprise de travail temporaire classique a à apprendre d’une entreprise de travail temporaire d’insertion ?

C.L : Je vais répondre simplement à cette question, sans porter aucun jugement, de façon objective. Dans une entreprise de travail temporaire, un équivalent temps plein, je ne sais pas si vous connaissez cette notion, on va dire qu’un permanent dans l’entreprise de travail temporaire, suit en moyenne entre 50 et 60 intérimaires, chez Id’ées-Intérim, un permanent suit et accompagne on va dire 12 personnes. Donc, il est évident que notre valeur ajoutée sur l’accompagnement fait que nous connaissons de façon très pointue notre public. Et que cette bonne connaissance c’est toute la différence entre le travail temporaire et le travail temporaire d’insertion.

H : D’une certaine manière c’est aussi des subventions qui vous permettent ça par rapport aux entreprises de classique ?

C.L : On a un conventionnement avec l’État, un conventionnement annuel, ce conventionnement représente, pour l’agence de Manosque et pour toutes nos agences, environ 10% de notre chiffre d’affaires. Et l’État nous conventionne justement pour pouvoir faire cet accompagnement individualisé. Mais, parallèlement, l’État nous donne des objectifs. Donc, nous avons des objectifs à atteindre sur 4 volets : On a 4 axes officiés par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), on a l’accueil, l’accompagnement, la formation et la sortie vers l’emploi pérenne. Nous devons avoir au moins 60% de sortie dynamique dont 25% de sortie vers l’emploi durable. Donc, si vous voulez, on est conventionné par rapport à notre activité, et ce conventionnement permet en fait de combler le temps passé sur cet accompagnement individualisé.

H : Si un travailleur handicapé qui lit un article sur Handimarseille souhaite se rapprocher d’Id’ées-Intérim, faut-il qu’il passe par CAP emploi ou Pôle emploi ?

C.L : Il peut également nous contacter directement. De toute façon si on n’a pas la prescription on les renvoie auprès des organismes. À partir du moment où la personne est demandeur d’emploi, je me rapproche de Pôle emploi et j’ai une possibilité de demander ce qu’on appelle un pré-agrément, et c’est Pôle emploi qui dit s’il est éligible ou non à l’insertion professionnelle, mais 100% de notre public est reconnu en insertion professionnelle. Ça c’est quelque chose d’incontournable.


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