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Handicap et accessibilité au réseau de transport Cartreize

Avec ses huit millions de passagers transportés par an, ses trente huit lignes régulières et ses navettes autoroutières, le réseau de transport Cartreize peut figurer parmi les bons élèves de l’accessibilité. Dès 2004, sur la liaison Aix-Marseille les premiers autocars accessibles faisaient leur apparition et en 2005 c’était au tour la ligne Aubagne-Marseille. Les constructeurs de leur côté proposent des véhicules plus adaptés et après renouvellement, la flotte devrait atteindre une accessibilité à 100% à l’horizon 2015. C’est sur l’aménagement des arrêts que l’effort est aussi porté en coordination avec les communes concernées, même si une mise aux normes de la totalité des stations devrait prendre un peu plus de temps, les travaux se concentrant prioritairement sur les stations les plus fréquentées.

Handimarseille - Pouvez-vous vous présenter ?

Grégory Vendeville - Je m’appelle Grégory Vendeville et je suis responsable du réseau Cartreize au Conseil Général des Bouches du Rhône.

H. - Que pouvez-vous nous dire de Cartreize ?

GV. - Cartreize est un réseau de transport qui véhicule un peu plus de huit millions de passagers par an. On a trente-huit lignes régulières réparties dans l’ensemble du département avec un système basé sur une dizaine de navettes autoroutières avec un haut niveau de services et un cadencement régulier des cars. On a aussi des lignes de desserte qui sont plutôt à vocation scolaire, ou du territoire. Le transport des enfants handicapés est à 100% accessible depuis plusieurs années vu qu’il repose sur un système de prise en charge individualisée, avec un service de substitution pour les élèves et les étudiants qui est aujourd’hui très performant, puisqu’on a pris en charge plus de mille trois cents personnes cette année.

H. - Au niveau du département quels sont les transports accessibles aux personnes handicapées ?

GV. - Depuis 2005, on a mis en place de l’accessibilité sur chacune de nos lignes, à chaque renouvellement de marché public, parce que toutes nos lignes sont gérées par des marchés publics. En fait, on a imposé aux prestataires de mettre progressivement les lignes en accessibilité, et on les a forcé à chaque renouvellement à mettre au moins un car sur chacune des lignes. Par conséquent aujourd’hui, nos lignes possèdent chacune au moins un véhicule accessible aux personnes handicapées. Or, sur certaines lignes c’est bien plus parce que sur des lignes comme Aix-Marseille les deux tiers du parc des autocars sont accessibles aux personnes handicapées, et normalement cet été, on devrait renouveler le dernier tiers de la flotte, et donc 100% de cette ligne sera accessible aux personnes handicapées que ce soient des personnes en fauteuil roulant ou déficientes sonores ou visuelles puisqu’on a des obligations en matière de transport sur ces thèmes. Par contre en matière d’accessibilité des points d’arrêts, on a entrepris un chantier depuis 2007, où on a réalisé un audit complet sur le département, dans la mesure où il y a un peu moins de deux milles points d’arrêt sur le département desservis par notre réseau, y compris les arrêts scolaires. Suite à cet audit, depuis 2010, on a mis en place des marchés de travaux, de façon à commencer ces travaux d’accessibilités et mettre progressivement en accessibilité tous nos points d’arrêt. On a déjà géré une vingtaine de chantiers l’année dernière qui ont amené à rendre les plates-formes de ces points d’arrêt entièrement accessibles. Mais on a attaqué ces travaux prioritairement pour des raisons de sécurité parce qu’on avait aussi des soucis à ce niveau là . On a recensé une cinquantaine de points d’arrêt qui étaient à reprendre rapidement au niveau de la sécurité. C’est un travail assez long puisque la plupart du temps le points d’arrêt est dans une commune. Par conséquent on entame des négociations avec ces dernières pour aménager les points d’arrêts mais aussi leurs cheminements. En 2011, on va dépenser un peu plus de huit cent mile euros pour faire les travaux sur ces points d’arrêt.

H.- Comment sont les points d’arrêt sur Marseille ?

GV. - Sur Marseille nous n’avons pas beaucoup de desserte. On a essentiellement trois points de contact avec Marseille. Ce sont la gare Saint Charles, La Castellane pour les navettes qui viennent de l’Est du département et depuis peu la station d’arrêt Arenc. La Castellane n’est pas accessible puisqu’elle n’a pas une véritable gare routière mais la plate-forme toute neuve de Saint Charles et celle du tramway d’Arenc sont totalement accessibles.

H. - Et Jules Guesde ?

GV. - A Jules Guesde, on a seulement un arrêt provisoire pour que certaines personnes puissent descendre si elles veulent aller en centre-ville. Aujourd’hui, on fait un arrêt parce qu’on a une phase de travaux. Mais l’arrêt final c’est gare Saint Charles. Mais c’est vrai que l’aménagement n’est pas accessible aujourd’hui.

H.- Depuis quand ces lignes sont-elles accessibles ?

GV.- Sur Aix-Marseille on a commencé très tôt parce que c’était une volonté du Conseil Général dès 2004. C’est une navette qui est cadencée toutes les cinq minutes par un départ entre Aix et Marseille. On avait fait le choix dès 2004 de mettre un véhicule par heure. Du coup à heure fixe vous aviez un véhicule qui était plancher bas et entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. En 2005, quasiment dans la foulée, on a étendu cela à Aubagne-Marseille, ce qui était une nouveauté à l’époque parce qu’en interurbain les véhicules n’existaient pas. C’est la raison pour laquelle on a signé un partenariat avec une société de car qui nous avez créé des cars de 15 mètres totalement accessibles. C’était la première fois qu’on mettait sur nos lignes des longs cars. Cette expérimentation a été poursuivie et désormais tous les véhicules ont été remplacés et sont accessibles. 2004, c’est le démarrage de l’accessibilité des véhicules.

H. - Comment en êtes-vous venu à créer deux navettes réservées aux personnes handicapées ?

GV. - Je crois que c’est à l’époque où l’on a créé la MDPH, la Maison Des Personnes Handicapées, parce qu’un travail avait été fait sur cette thématique et il y avait une volonté du Conseil Général de l’initier bien avant la loi de février 2005. On a donc proposé ces services, pas à titre expérimental, mais en se disant "on va avoir effectivement de la demande". Mais on s’est aperçu assez rapidement, pour avoir fait quelques bilans avec les personnes qui prenaient ces services, que le problème était la chaîne globale des déplacements. La difficulté c’est qu’à Aix-en-Provence, on est sur une gare routière provisoire qui est assez compliquée d’accès pour les personnes handicapées. Or, cela ne nous a pas empêché d’avoir malgré tout un certain nombres de réservations pour un système spécifique aux personnes en fauteuil roulant, puisqu’il faut mettre à disposition du personnel pour que les fauteuils roulants soient sanglés dans le véhicule. Avec ce système de réservation les gens nous téléphonaient en nous disant par exemple "voilà , je vous téléphone parce que je souhaite prendre le départ " et du coup une personne de l’accueil lui permettait d’être pris en charge dans le véhicule. Au final, on avait vingt à trente demandes par mois sur cette navette Aix-Marseille.

H.- Une fois les réservations téléphoniques effectuées les personnes se présentent-elles toujours ?

GV. - Oui, globalement le système a été bien adapté. Désormais, il n’y a plus vraiment d’obligation de réserver puisqu’on a du personnel sur place.

H.- Quelle est la spécificité de ces navettes en terme d’équipements ?

GV. - Les navettes de 15 mètres sont avec une plate-forme qui permet d’accueillir une personne en fauteuil roulant.

H.- Une plate-forme, c’est à dire un élévateur ?

GV. - Oui, aujourd’hui c’est un élévateur. On a abandonné le système plancher bas parce que les constructeurs n’étaient pas très satisfaits, comme nous, de la qualité du véhicule. Ce sont des cars qui sont faits plutôt pour de l’urbain avec des problématiques de suspensions liées à des vitesses élevées sur l’autoroute ce qui était inconfortable pour les usagers. On est donc reparti sur un système de plate-formes et d’élévateurs. Ces cars permettent aujourd’hui d’embarquer une personne en fauteuil roulant et ils sont aussi conformes à ce que l’on appelle l’annexe 11 dans le cadre de l’équipement des véhicules, c’est à dire qu’à l’intérieur vous avez une annonce sonore avec un bandeau lumineux qui vous informe de la destination et les différents points d’arrêt tout au long de l’itinéraire.

H. - Ces lignes ne s’adressent donc pas uniquement aux personnes à mobilité réduite ?

GV. - Asolument, le fait maintenant que l’on ait cette annexe 11, c’est une accessibilité pour tout le monde et pas seulement pour les personnes en fauteuils roulants, mais aussi les gens qui ont des difficultés visuelles comme les annonces sonores à l’intérieur des navettes qui leur permettent de savoir qu’elle est la prochaine destination.

H. - Ces lignes rencontrent-elles le succès escompté ?

GV. - On avait pas d’ambition à ce niveau. Ce que l’on souhaitait surtout c’est de rendre cette navette accessible. C’est quand même l’un des plus gros axe inter-urbain en France en matière de car. C’est la raison pour laquelle, il nous paraissait normal de pouvoir être en mesure d’accepter toutes les personnes. On n’avait pas d’ambitions chiffrées et aujourd’hui ce n’est même pas une mesure qu’on fait en se disant "si on a plus de vingt ou moins de vingt on supprime". C’est une volonté réelle du Conseil Général de rendre tout accessible. Il n’y a pas de quantitatif. La question qu’on pouvait se poser à l’époque c’était "est-ce que l’on densifie cette offre ?" A l’époque on avait un car par heure et ça pouvait paraître peu alors qu’on a un départ toutes les cinq minutes sur les lignes ordinaires. Désormais, la question ne se pose plus car progressivement toute la flotte est modifiée.

H. - La gestion des personnes handicapées sur des lignes ordinaires entraînent-elles des retards de navettes ?

GV. - Aujourd’hui on n’a pas encore assez de recul là dessus, même si la plupart de nos lignes commencent à avoir des véhicules accessibles. Je pense que les personnes handicapées n’ont pas encore l’habitude de se dire "je vais pouvoir prendre le car". On a fait une réunion avec nos transporteurs. Mais on n’a pas encore vraiment de retour sur expérience là -dessus, comme les prises en charge sont peu nombreuses et l’offre encore mal connu. Actuellement le système proposé par les constructeurs de car n’étant pas un système plancher bas mais avec un haillon, par conséquent la prise en charge de la personne en fauteuil roulant induit un délai de cinq à dix minutes. Effectivement selon les systèmes, cela va poser des petits retards mais nous verrons à l’usage. En fait, j’espère que les constructeurs de cars vont trouver des solutions plus efficientes.

H. - Savez-vous que dans le dernier baromètre de l’APF sur l’accessibilité des villes en France Marseille est reléguée à l’avant-dernière position. Qu’en pensez-vous ?

GV. - Pour notre part nous avons fait un schéma départemental d’accessibilité comme la loi nous l’impose. On s’est fixé un certain nombre d’objectifs qui à mon avis correspondent tout à fait aux termes de la loi. Maintenant qu’on ait un certain retard, je pense que c’est possible. Mais je crois qu’on est plutôt en avance par rapport à d’autres départements. Cependant, on a quand même l’avantage d’avoir un département qui est fortement urbanisé avec des problématiques certainement moins compliquées en terme d’accessibilité qu’un département alpin par exemple.

H. - Quels sont les projets du Cartreize et plus généralement ceux du département pour l’accessibilité des personnes handicapées ?

GV. - Le premier point, c’est qu’en 2015 toute la flotte sera accessible. On n’a pas fait un audit de nos derniers marchés mais je pense que plus de la moitié de nos véhicules sont accessibles. Le deuxième point c’est de rendre les points d’arrêt accessibles, travail que l’on a engagé l’année dernière. D’ici 2015, on ne pourra pas en traiter deux mille, ça paraît très peu probable vu que nombres de ces points d’arrêt sont ruraux et réservés aux transports scolaires pour lesquels on ne charge qu’une ou deux personnes pour un coà »t de vingt à trente mille Euros. On le fera mais dans le temps avec l’aide des communes. Mais là , à horizon 2015, on a vraiment prévu de se concentrer sur les points d’arrêt les plus fréquentés et on a aussi initié des travaux avec nos partenaires réseaux urbains et des conventions de financement croisées.

H. - Je vous remercie.

GV. - Merci à vous.


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