Selon les dispositifs gouvernementaux de 2005 prônant « l’égalité des droits et des chances » et dans le cadre du programme de réforme de l’Éducation Nationale, il est reconnu que « les enfants présentant un handicap mental, auditif, visuel ou moteur pourront tirer profit d’une intégration en milieu scolaire ordinaire ». Entendons là l’école "œpour tous" , non le milieu spécialisé en centre médico-social ni même l’enseignement "œadapté" où se trouvent regroupés des élèves reconnus "œen difficultés" mais dont le handicap et les degrés d’invalidité diffèrent.
Pour autant, il ne s’agit pas de dénigrer les instituts spécialisés, incontournables selon le type de handicap, mais de témoigner de la volonté de tous d’intégrer, autant que faire se peut et le plus tôt possible, le milieu ordinaire. Le milieu spécialisé peut alors s’avérer un véritable tremplin. Il l’a été pour Jean-Philippe Mengual. Cependant, comme le dit Rémi Beauverger, le milieu spécialisé gagnerait à être réformé en vue d’une réelle ouverture à "œnotre" société, même si de sérieuses avancées ont d’ores et déjà été réalisées. Il met l’accent sur la nécessité d’une plus grande synergie entre professionnels (milieu médical, éducateurs et enseignants) qui envisagent peu à peu le progrès en ce domaine au moyen d’un décloisonnement des services. Le dialogue et l’écoute de chaque parti serait le maître-mot : « On dit que les parents sont ou ont été contre les professionnels parce qu’on leur a dit que les professionnels "œsavaient" et eux ne "œsavaient" pas. C’est en train de changer. Les professionnels se rendent compte que certains d’entre eux ont fait des erreurs et que c’est la singularité de chacun qui prévaut. Même si les parents ne "œsavent" pas, ils connaissent leur enfant. ». Une réflexion à mener, donc, entre spécialistes et parents mais aussi avec les enfants, qu’il faut cesser d’infantiliser en leur imposant ou en leur soumettant des interdits de manière générale alors qu’il y a autant d’individus que de handicaps.
De divers témoignages, on tire un constat confirmant l’ensemble des études menées sur le sujet : la mixité s’avère être la voie normale pour beaucoup d’élèves en situation de handicap, celle de la normalisation par l’intégration en milieu ordinaire, d’une assimilation par le biais d’une dynamique d’"œacculturation" à partir d’un contexte originel marginalisant. L’intégration doit être envisagée comme une interaction : les personnes "œvalides" , qui auront côtoyé des personnes en état de handicap pendant leur scolarité, ne seront plus amenées à déshumaniser la personne handicapée mais à la considérer comme un individu, certes invalidé, mais non défini par cet état. Cette intégration pourra alors être étendue aux autres aspects de la société - le marché de l’emploi notamment. Dany ou Jérôme Miller témoignent à quel point la personne handicapée est défavorisée dans ce secteur, malgré les dispositions légales.
Mais dès lors que les capacités mentales ou physiques de l’élève ne sont pas mises en cause, quelle est l’aptitude des structures d’accueil à savoir - et vouloir - s’adapter ? L’adaptation est l’ensemble des moyens dont doit se munir le système éducatif pour recevoir des élèves en situation de handicap et souhaitant être intégrés dans un établissement "œcomme les autres" . Ce sont bien sà »r les aménagements facilitant l’accès (rampes, ascenseurs, portes larges, etc.), mais également, et surtout en ce qui concerne la scolarité, l’accompagnement humain.
Aussi, aux vues du récent amendement reléguant aux associations la responsabilité de la formation et de l’embauche des auxiliaires de vie scolaire (AVS) pour la rentrée 2009, l’étau se resserre. De l’AVS formé, dont la pérennisation du contrat voire la fonction ne sont plus assurées, aux parents et élèves qui devront (re)faire les démarches auprès des organismes associatifs, tous s’inquiètent. Ils ont le sentiment d’assister là à une promesse de retour aux pérégrinations qu’ils ont connus avant les mesures de 2004.
Le dispositif était valable à défaut d’être viable. Aujourd’hui, l’État se déresponsabilise. Complication et invalidation de ce que l’on croyait être engagement et compréhension de l’état de handicap. Insistons une dernière fois sur l’importance de l’AVS, personnel aux fonctions essentielles pour l’élève invalidé nécessitant un accompagnement au quotidien, de l’aide aux déplacements jusqu’à la prise de notes.
Rappelons à cet effet que le domaine d’action des auxiliaires de vie scolaire n’est pas celui de l’éducateur spécialisé, que le maintien de cette fonction contribue de fait à l’intégration et à la mixité souhaitées. [1]
Entretien avec Christine Jourdain et son fils Dany, qui souffre de la maladie des "os de verre". Malgré son état et sa fragilité, ils ont refusé la scolarisation en institut spécialisé.
Jérôme Miller, 33 ans, est atteint depuis la naissance d’une forme de polyo qui touche tous les muscles inférieurs. Pour lui, il est essentiel de ne pas être mis à l’écart de la vie "normale".
Jean-Philippe Mengual est non-voyant. Malgré ce handicap, il a fait sa prépa à Normal Sup’ et est diplômé en Sciences Politiques. Prochaine étape : l’ENA.
Si la mixité s’avère être la voie normale pour beaucoup d’élèves en situation de handicap, quelle est l’aptitude des structures d’accueil à savoir - et vouloir - s’adapter ?
Jean Lombard, 55 ans, secrétaire à l’APF, témoigne de sa scolarité, à une époque, pas si lointaine, où les structures ordinaires étaient loin d’accueillir les personnes invalides.
Le "œtrajet singulier" de Rémi Beauverger qui a connu tous les types de scolarité : de la mixité au milieu spécialisé, de l’hôpital à la scolarisation à domicile par correspondance.
Une sélection d"™ouvrages et de films pour creuser un peu plus le thème de la scolarité et du handicap.
La période de rentrée des classes conduit naturellement HandiMarseille à évoquer ce mois-ci le thème de la scolarité. Nous verrons à travers différents entretiens que la plupart des personnes en état de handicap témoignent de leur volonté (…)
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